3.
- Salut, je m’appelle Isaline, euh 1286 D… Il parait que je suis dans cette chambre !
- Salut, Diane euh 1323 D. Elle, c’est Audrey, une « ancienne », la magnifique métisse me fait le signe des guillemets avec ses doigts et une sorte de grimace qui en dit plus long sur son respect des anciens que toutes les épithètes d’oiseaux qui me viennent à l’esprit. Je n’ai jamais vu de fille aussi splendide, des jambes interminables, des cheveux qui descendent jusqu’à la chute des reins, de magnifiques yeux en amande.
- Arrête de me regarder comme ça, je sais je suis noire et même dans les écoles militaires, il peut y en avoir !
- Diable, jamais je n’ai pensé ça. J’évaluais, mes connaissances en matière de poupées Barbie et je me disais que je n’avais encore de Diane chasseresse ! Assortie d’un petit clin d’œil, ma pique a fait mouche et la laisse sans voie. Ah ! Mais j’ai le droit à une paire en plus, voilà Barbie princesse féérique qui se pointe !
Une blonde évanescente, incarnation de la douceur vient de faire son entrée dans notre chambre. Elle me regarde de ses yeux assassins et finit par éclater d’un frais rire cristallin. J’ai eu son approbation, mais je ne gagnerais pas celui de la louve !
- Diane, je suis en face, parce qu’on n’est pas dans la même classe. Seconde 6 pour moi et seconde 5 pour toi… On va voir avec les autres si elles veulent bien changer.
- Pas de bol, chasseresse, nous serons dans la même classe !
- Impossible, la seconde 5 est la meilleure classe, celle où il y a les latinistes et les germaniques !
- Mon allemand laisse à désirer mais vinci ma chère. Vidi et vinci. Je gagne toujours….
- Pfff, t’as pas plus classique….
- Si mais je te le réserve dans l’intimité….
- ….
- Enfin te voilà sans voix. Tiens ferme ta bouche, on dirait un poisson lune !
Le rire de l’ « ancienne » s’élève.
- Salut les filles, je suis Audrey, je suis arrivée l’année dernière. Il y a une ancienne par chambre pour vous montrer les us et coutumes de notre cher Bahut. Le vocabulaire, la tenue, les traditions, les chants. Au cours de cette année, je vous guiderais pour que vous vous intégriez au mieux à tout cela. Je serais comme une grande sœur ! Attention, la chipie, ici on n’aime pas les fortes têtes !
- Mais je sais être très docile quand on ne me chauffe pas le sang !
Avec un grand sourire angélique, je regarde droit dans les yeux celle qui allait sans le savoir partager mon destin, m’y amener, celle qui serait là pour les prochaines décennies, mon amie, ma confidente…
Quelques pensées